Van Beek, Pieter

Courriel - Tel 05 61 33 30 51

Maître de conférences à l’Université Paul Sabatier de Toulouse.

Chercheur au Laboratoire d’Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales (LEGOS/CNRS/CNES/IRD/UPS).

Pieter étudie la géochimie marine.

Pieter donne des conférences sur l’océanographie et sur l’étude des climats passés utile pour prédire l’évolution du climat dans le futur en relation avec la problématique du réchauffement climatique. Il propose également sous forme de diaporamas permettant relater les missions océanographiques auxquelles il a participé (Océan Austral, Antarctique, Kerguelen, Océan Pacifique nord).

Il est secrétaire de l’association "Les étoiles brillent pour tous".

OCÉANOGRAPHIE
CLIMATS PASSÉS ET FUTURS, RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE
EXPEDITIONS EN MER

Pieter VAN BEEK est maître de conférences à l’Université Paul Sabatier et chercheur au Laboratoire d’Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales (LEGOS) sur le site de l’Observatoire Midi-Pyrénées (OMP) à Toulouse.

Expéditions en mer, travaux en laboratoire, enseignement à l’Université,… Comment organisez-vous ce quotidien d’enseignant-chercheur océanographe ?
Je suis d’une part maître de conférences, ce qui représente une bonne partie de mon temps de travail : j’assure des cours de la 1ère année d’université au Master 2 dans des disciplines comme la géochimie marine, ma spécialité, mais aussi parfois les mathématiques. Concernant la partie recherche de mon poste, je suis rattaché à l’équipe de géochimie marine du LEGOS à l’OMP, ce qui m’amène à travailler en laboratoire comme à participer régulièrement à des expéditions en mer. Nos recherches au LEGOS se font surtout à partir d’échantillons d’eau contenant des particules marines que l’on étudie : quelle est la proportion des particules de surface, représentées par le phytoplancton ? Celle du zooplancton, qui s’en nourrit ? Combien de ces particules chutent pour rejoindre les sédiments marins ? Toutes ces questions sont reliées à la problématique du carbone, élément qui joue un rôle fondamental dans le phénomène de réchauffement climatique : une partie du CO2 (gaz à effet de serre) produit de façon anthropique depuis le début de l’industrialisation et rejeté dans l’atmosphère est absorbé par les océans. Même si ce CO2 est utilisé par le phytoplancton qui le transforme en matière organique, une conséquence de l’augmentation de l’absorption du CO2 par les océans est notamment l’acidification des océans, néfaste à de nombreuses espèces d’algues dont le squelette carbonaté est rongé en milieu acide. On peut ainsi chercher à reconstituer les conditions climatiques passées grâce à l’analyse de carottes prélevées dans les sédiments marins et qui ont enregistré les fluctuations de la quantité de carbone au cours du temps : c’est le travail de la paléo-océanographie qui permet de mieux prédire les différents scénarios possibles pour le futur.

Que deviennent ces énormes quantités d’eau que vous prélevez en mer ?
Elles ne sont heureusement pas ramenées intégralement au laboratoire ! On les concentre tout d’abord sur le bateau afin de manipuler des quantités adéquates dont on déterminera la composition en éléments, essentiellement grâce à la spectrométrie de masse. Nous travaillons aussi beaucoup en lien avec le Laboratoire Souterrain de Modane : enfoui sous les Alpes, les 1700 m de roches qui le surplombent empêchent les rayonnements cosmiques de perturber nos détecteurs et nous permettent de faire des mesures d’éléments radioactifs d’une grande qualité !

Des élèves suivent d’ailleurs tout ce travail depuis leur salle de classe quand vous partez en campagne en mer !
J’ai la chance de faire ce métier qui m’a déjà emmené aux Bermudes, à Hawaii, puis à naviguer depuis les Iles Aléoutiennes, en Alaska, jusqu’au Japon en passant par le Kamchatka, enfin plus récemment aux Iles Kerguelen… J’ai à un moment voulu le faire partager avec des écoles. Nous avons ainsi mis en route un travail qui débute avant mon départ, nous permet d’échanger pendant mon expédition et se poursuit jusqu’à mon retour où je me rends de nouveau auprès des élèves. Entre le moment de la première rencontre et l’après mission, il y a eu tous ces échanges entre nous, et c’est incroyable de voir ce que ça engendre chez les enfants : curieux, avides de questions, ils me présentent tout le travail qu’ils ont réalisé sur la base de mon expédition : des panneaux d’expositions, et même une fois un Cd-rom ! J’ai continué cette activité au sein de l’association les Etoiles Brillent Pour Tous avec le Centre Guilhem de Venerque qui accueille des enfants handicapés : ils ont entre autres réalisé une immense frise sur mon expédition, illustrée des emails que nous avons échangés et des recherches qu’ils ont faites sur le sujet. J’ai beaucoup de passion pour mon métier et ce qu’il me fait vivre, et le partager avec ces enfants en dehors du système scolaire classique est très important pour eux, mais pour moi aussi car il me permet de m’ouvrir au-delà du monde de la recherche et de valoriser ce travail de recherche sur un plan social.

Quelles sont les prochaines actions que vous aimeriez mener aux côtés des Étoiles Brillent Pour Tous ?
Jusqu’à aujourd’hui, j’ai plus eu l’habitude et souhaité intervenir auprès d’un public d’enfants car je suis très sensible à leur spontanéité et à leur envie d’apprendre des choses. Mais être membre de cette association permet aussi de lever les limites qu’on se fixe parfois, soit parce qu’on a l’impression d’être incapable de parler de son sujet devant un public autre que celui de ses confrères chercheurs, soit parce qu’on appréhende de se retrouver dans un milieu inconnu, comme c’est la cas avec les prisons. Sinon, il y a notre programme de conférences en hôpital que nous cherchons à développer car je crois que nous n’avons pas encore réussi à toucher les personnes que nous voulions toucher, les malades. Ce sont les personnels hospitaliers et les familles de personnes hospitalisées qui assistent le plus souvent à nos activités, même si on peut comprendre qu’il est difficile pour les malades de quitter leur chambre pour assister à nos interventions, du fait essentiellement de leur faible mobilité. Nous pensons également à développer les expositions photos, moins temporaires qu’une conférence. Nous allons aussi programmer d’intervenir au moment des fêtes de fin d’année, où une présence extérieure dans les lieux tels que hôpitaux, prisons, maisons de retraite sera la bienvenue. Enfin cette aventure au sein des Etoiles Brillent Pour Tous m’a aussi permis de connaître et d’échanger avec des collègues d’autres labos, d’autres disciplines et au-delà de l’aspect convivial, c’est aussi notre travail qui en bénéficie car cela permet de plus interagir entre disciplines sur des projets communs, ce que je n’aurais pas envisagé auparavant !


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