Frédérique Rémy

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GLACES POLAIRES ET CLIMAT

Frédérique REMY est Directrice de recherche au Laboratoire d’Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales (LEGOS) de Toulouse.

Spécialiste des régions polaires, comment étudiez-vous ces immenses étendues inhospitalières ?
Mon travail de recherche porte essentiellement sur l’Antarctique, situé au pôle Sud du globe terrestre. Les zones polaires sont très grandes, très froides et peu accessibles, et nous devons utiliser des méthodes de télédétection qui nous permettent de les observer depuis l’espace. Nous cherchons notamment à comprendre la réaction de la cryosphère face aux variations climatiques ; L’Antarctique, qui est un continent surplombé d’une calotte de glace, reste complètement stable : c’est un continent isolé, un île entourée de grands courants circumpolaires qui maintiennent son équilibre thermique. Quant à l’Arctique, qui n’est pas un continent mais est constitué d’énormes blocs de glaces de mer, sa stabilité est très limitée au niveau climatique et sa surface a sérieusement diminué en fondant à une vitesse inquiétante sur la dernière décennie.

Quelles sont les raisons qui vous ont amenées à diffuser la culture scientifique aux côtés des Étoiles Brillent Pour Tous ?
Quand j’ai pris connaissance de l’existence de cette association et de ses missions, ma participation ne s’est pas posée en terme de choix : c’était une évidence ! Ce qui m’intéressait surtout était d’intervenir en prison car je suis très sensible à cet environnement particulier et isolé de notre société. Je pense que la culture est un moyen de libération qui nous donne les moyens de réfléchir et auquel les détenus doivent pouvoir accéder. Les ouvertures que nous leur apportons au travers des conférences peuvent leur donner l’envie de se documenter et de lire des articles sur le sujet. J’essaie de faire de mes interventions une sorte d’enseignement par la culture qui leur donnera des moyens de raisonner dans la vie de tous les jours, de mieux comprendre notre société et de s’enrichir même s’ils sont incarcérés.

Ces actions en milieu carcéral semblent aussi vous apporter beaucoup en retour de votre engagement…
C’est vrai que je m’enrichis personnellement beaucoup de toutes ces questions que l’on me pose : je suis à chaque fois sidérée par la curiosité des détenus, par cette écoute attentive dont ils font preuve. Pour moi qui donne aussi des cours en situation « classique », je trouve exceptionnel de voir ces jeunes les yeux pétillants devant des animations de glaciers qui s’écoulent, de survols en avion, … Certains étaient littéralement absorbés par les images qui défilaient sur mon écran et rêvaient complètement… On a une approche avec les personnes incarcérées qu’on n’a pas ailleurs, on sent qu’on n’est pas là pour rien mais pour vraiment partager notre expérience avec eux. J’aimerais beaucoup étendre ces interventions à d’autres prisons, en leur proposant toujours d’aborder un thème sous forme de cycles de conférences. Je me suis d’ailleurs déplacée récemment à Perpignan, où une nouvelle association est en train de se monter, avec pour projet d’amener la culture là où elle ne parvient plus, ce qui comprend évidemment le milieu carcéral.


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