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L’ARCHEOLOGIE, LE VERRE ANTIQUE, CUISINE ET GASTRONOMIE ROMAINES

Marie-Thérèse MARTY est ingénieure de recherche CNRS à l’Unité Toulousaine d’Archéologie et d’Histoire (UTAH) située à l’Université Toulouse-Le Mirail.

Archéologue à la Maison de la recherche, quels sont vos domaines de travail ?
J’ai plusieurs missions essentielles. Dans mon unité, nous avons tous une fonction d’archéologue de terrain mais aussi une fonction de recherche et d’études de mobilier. Afin de coordonner ces deux grandes activités classiques de la recherche, j’ai été chargée de développer d’adapter un système informatisé de bases de données qui nous permet d’enregistrer, décrire et analyser l’ensemble des informations issues de fouille ou de prospection (données de terrain -unités stratigraphiques-, mobilier, photographies, graphiques, etc.) dans une relation objet-espace-temps. Réunir le maximum d’indices sur une couche de terrain, un objet issu de la fouille, une structure architecturale pour en permettre l’étude et la constitution des archives du sol. répertorier chacun des objets signifiants découverts au cours d’une fouille : décrits, photographiés et dessinés, ils sont inventoriés et peuvent être communiqués de l’échelle régionale au niveau international. Une autre de mes fonctions est d’encadrer l’apprentissage des étudiants de l’Université sur le chantier-école de St-Bertand-de-Comminges : c’était une importante cité romaine sur laquelle l’université de Toulouse a fouillé pendant plus de 15 ans. Nous travaillons aujourd’hui à la publication de nos résultats. J’ai aussi une autre spécialité, liée à l’époque gallo-romaine et à un mobilier particulier : le verre antique. de l’antiquité J’ai aujourd’hui acquis une expertise régionale sur ce matériau peu étudié car très difficile à analyser : en fouille, on trouve des milliers de petites fragments de verre qu’il faudra classer avec méthodologie, comparer, analyser… ! Je suis pour cela souvent sollicitée pour étudier des collections de verre provenant de sur différents chantiers. J’ai également fait un travail d’archéologie expérimentale avec un artisan verrier : nous avons essayé de réaliser de la verrerie avec du verre brut antique (trouvé en Méditerranée dans une épave) selon des formes et des techniques antiques… La verrerie est un art très ancestral qui permet de telles reconstitutions car les outils sont restés très simples.

Vous avez aussi mené une expérience sur la gastronomie antique…
Un recueil de 500 recettes anciennes, écrites entre le 1er et le 4ème siècle qu’on attribue en partie au célèbre gastronome Apicius nous a en effet permis de lancer une opération sur la gastronomie de l’antiquité romaine à partir de la reprises de ces recettes, bien sûr adaptées aux variétés d’aliments cultivés de nos jours. Sur le site de St Bertrand-de-Comminges, nous avons eu la chance de pouvoir associer un chef cuisinier qui a osé se lancer dans cette recherche de goûts perdus… nous sommes expérimentés à la reconstitution de recettes antiques avec un cuisinier. Je me suis lancée dans cette aventure en dilettante à titre privé et de loisirs mais l’idée a très vite été remarquée et le CNRS a souhaité que je continue cette opération dans le cadre du CNRS et de mon labo. J’ai aussi bâti toute une initiation de découverte au goût et à l’odorat autour de cette activité, ainsi qu’un travail d’éducation nutritionnelle que j’ai animée pendant plusieurs années auprès d’un public en milieu scolaire. Le restaurateur, lui, en a fait sa spécialité en ouvrant « Le Lugdunum » à Valcabrère, un restaurant unique à ce jour qui est devenu un haut lieu de la gastronomie antique avec toujours une mission éducative envers le public scolaire.

Vous avez déjà initié de nombreux projets d’ouverture de l’archéologie au grand public ! C’était une suite logique pour vous d’adhérer au projet des Étoiles Brillent Pour Tous…
J’ai découvert cette association par hasard, alors que j’étais venue assister à l’Evoluthon ; ses objectifs sont étaient nobles et généreux, et je me suis proposée spontanément pour y participer. Au milieu de nos collections et de la diversité de nos fonctions en laboratoires, on a parfois tendance à oublier que vulgariser les sciences et les rendre moins hermétiques au grand public est aussi une de nos missions. Ma première intervention s’est faite en maison de retraite et portait sur le verre de l’antiquité : j’ai très vite senti que l’animation avait commencé dès mon arrivée ! Camper le contexte de la civilisation romaine par des photographies de peintures et de reconstitutions de mobilier nous a permis de nouer une relation très intéressante et d’échanger autour de nombreuses questions. Pour la suite, avec d’autres collègues, on a vraiment matière à mettre en place un cycle de conférences sur l’archéologie, qui pourrait aussi faire découvrir l’actualité de l’archéologie sur Toulouse. Une sujet sur la cuisine gastronomique plaît évidemment toujours mais est encore mieux apprécié quand on peut le concrétiser par une dégustation ! On a lancé l’idée de faire venir des enfants malades à St-Bertrand, pour visiter le site et se mettre au goût de la cuisine romaine…


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