Serge Chausy

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DE L’ELECTRICITE DANS L’AIR

Serge CHAUZY est Professeur émérite au Laboratoire d’Aérologie (LA).

Enseignant-chercheur, vous avez aujourd’hui le statut de professeur émérite de l’Université Paul Sabatier…
J’ai en effet officiellement pris ma retraite mais je continue à avoir des activités de recherche bénévoles. Au cours de ma carrière, j’ai été enseignant-chercheur et j’ai assuré des cours dans tous les cycles d’enseignements, abordant la physique générale, la météorologie et jusqu’à mon propre domaine de recherche qui est l’électricité des orages.

Vous poursuivez donc votre travail au Laboratoire d’Aérologie. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette science ?
L’aérologie est tout simplement la science de l’air, c’est a dire de l’atmosphère. Notre laboratoire est plutôt spécialisé dans l’étude de la troposphère, soit la partie basse de l’atmosphère, dans laquelle se produisent les phénomènes liés au temps : on parle alors d’atmosphère météorologique. Notre but est de comprendre la mécanique atmosphérique : comment sont liés les évènements dynamiques tels que les tempêtes, quel est le rôle du réchauffement climatique ou des pollutions atmosphériques dans ces phénomènes, … Les applications de nos recherches sont actuellement évidentes car le sujet du réchauffement climatique est très discuté partout dans le monde…

Les conférences que vous avez données pour les Etoiles Brillent Pour Tous portaient sur votre spécialité : les orages…
Mon groupe de travail cherche en effet à comprendre comment se développent les orages, pour essayer de les prévoir et de prévenir les risques qui leur sont liés, tout comme de nous en protéger, en installant par exemple des paratonnerres. J’avais déjà eu l’occasion de participer à quelques conférences dans le cadre de l’université pour parler de ces expériences sur le terrain ou en laboratoire. Ce genre d’opportunité de vulgarisation des sciences est finalement assez rare et une association comme les Etoiles Brillent Pour Tous permettait d’organiser des actions régulières. J’ai d’autant été séduit que son but était d’amener la science à des personnes qui ne pouvaient pas se déplacer... J’appréhendais toutefois ma première intervention en hôpital auprès des enfants car je n’avais jamais enseigné à des tous jeunes ! Ça a été formidable, j’ai trouvé des enfants très réactifs, passionnés et passionnants ! Je suis également allé en maison de retraite où je ne m’attendais pas à voir des personnes aussi intéressées, comme cette dame de 95 ans qui m’a dit avoir enfin compris qu’elle n’aurait pas dû se protéger des orages en s’abritant sous un arbre quand elle gardait les oies ! Au centre de détention de Muret aussi, les questions posées étaient très judicieuses et j’ai pu constater que le niveau culturel en prison était bien plus élevé que les fausses idées que l’on s’en fait. Ces conférences sont souvent l’occasion de rencontrer des gens exceptionnels, pleins de passion et qui m’apportent aussi de nouvelles idées, c’est vraiment un échange au cours duquel je reçoit beaucoup.

Comment envisagez-vous le futur de cette association ?
Ce qui me fait énormément plaisir, c’est de voir que notre association est copiée et qu’elle suscite des vocations dans d’autres villes de France ! Je crois aussi personnellement qu’un autre but de notre association est d’avoir un rôle d’éducation des citoyens vis-à-vis de la réalité des faits scientifiques, qui sont parfois remis en cause par certains courants de pensées qui émergent actuellement au sein de nos sociétés.


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