Un dernier coup d’oeil sur 2018 avant de plonger en 2019, année riche pour les Étoiles qui soufflera ses 15 bougies.

Nous vous proposons donc de revenir sur la genèse de l’association à travers le témoignage de son Président fondateur Didier Barret. Propos illustrés par cette toute première affiche résumant l’objectif de l’association soutenue alors par Hubert Reeves.

Vous trouverez aussi dans cette lettre une sélection de photos du Pic du Midi qui illustre les visites de sites que nous proposons à nos publics. Nous évoquons par ailleurs le Muséum de Toulouse, site partenaire notre association qui accueille, lui aussi, nos groupes de visiteurs.

Très belle année à toutes et tous, cher amis des Étoiles. Nous pourrons nous retrouver pour partager la galette des rois le mardi 29 janvier à 13h15 à l’Observatoire Midi-Pyrénées (salle Lyot).

Bonne lecture

Le bureau des Étoiles Brillent Pour Tous

Retour sur 2018...

Avant de nous embarquer dans les aventures qui nous attendent en cette année, jetons un dernier regard sur celles que nous avons vécues en 2018. Souvenons-nous…

L’année aura été pleine d‘ouvertures ! D’abord, ouverture de nouveaux sites où nous intervenons. Ainsi l’Institut des jeunes aveugles de Toulouse : un cycle de 5 conférences y a eu lieu en début d’année. Ce fut un challenge pour les intervenants de parvenir à présenter leurs sujets sans les inévitables supports visuels de présentations. Ouverture aussi à de nouveaux partenariats avec des structures adaptées à des personnes présentant des troubles psychiques ou comportementaux : l’ITEP de l’Oustalet à Cugnaux, les associations Noncesse à Balma et Autisme 31. En même temps, nous avons aussi cessé d’intervenir dans des centres où la dynamique ne semblait plus suffisante : à l’hôpital de psychiatrie de Purpan, au foyer-résidence pour seniors de Ramonville, à la halte santé pour SDF de l’hôpital de la Grave.

Ouvertures à de nouveaux publics donc, mais aussi ouverture à de nouveaux thèmes. Bien sûr, dans les champs disciplinaires traditionnellement bien représentés aux Étoiles comme les sciences de l’Univers, nous avons eu le plaisir, cette année encore, d’accueillir de nouveaux conférenciers. Mais nous avons été très heureux aussi d’être rejoints par des intervenants venant d’horizons nouveaux, pour la plus grande joie de nos publics. Ainsi, par la pensée, nous avons pu les emmener faire de beaux voyages, au loin à Venise, au Brésil…, plus près de chez nous, à la recherche du pastel en Occitanie ou à la découverte de l’architecture à Toulouse, et aussi, au plus intime de nous-mêmes, sur les chemins de l’apprentissage et même jusqu’aux sources de la joie…

La promo 2018 des doctorants des Étoiles a elle aussi été à l’image de cette richesse thématique. Plus nombreuse que l’année précédente puisqu’elle a réuni une quinzaine d’étudiants, elle a été pour la première fois équilibrée entre étudiants venant des universités Toulouse Jean Jaurès d’une part, Toulouse III Paul Sabatier et d’écoles d’ingénieurs, d’autre part. Du coup, plus de travail dans la préparation, mais aussi plus d’originalité dans les thèmes finalement traités : voyage dans le temps et dans les cultures du monde, la santé hier et aujourd’hui, la lumière et la photographie, la cohabitation entre hommes et machines...

Nos vœux pour 2019 ? Que les Étoiles continuent d’être plus encore une association d’ouvertures : ouverture à des publics différents avec des façons renouvelées de les aborder, ouverture à de nouveaux intervenants porteurs de thèmes originaux… Même si l’avenir peut parfois sembler sombre, faisons en sorte qu’il soit, comme un ciel nocturne, éclairé par les Étoiles porteuses d’espérances que nous saurons y allumer. Bonne année à toutes et tous.

Le Bureau des Étoiles

Les Étoiles brillent aussi sur les yourtes de Mongolie © Audrey Hasson

Il y a 15 ans déjà naissaient les Étoiles…

Quinze années sont passées depuis la création de l’association « Les étoiles brillent pour tous ». Quinze années remplies de souvenirs, de rencontres, d’anecdotes, de moments de partage avec ce que l’on appelle communément les publics empêchés, à savoir les publics qui ne peuvent venir à nous, mais qui nécessitent que l’on aille vers eux. Quinze années, c’est long dans le fil d’une vie. Ma vie de chercheur et de citoyen a été modifiée, voire façonnée par l’association, changeant mon regard sur l’homme, la société, et le rôle du chercheur dans celle-ci. J’ose à croire qu’elle a fait de moi un meilleur chercheur, mieux ancré dans le monde qui l’entoure.

Cette belle histoire commence donc le 25 décembre 2003, alors que nous fêtions Noël avec la grand-mère de mon épouse dans une résidence médicalisée de Chaudes Aigues en Auvergne. Coincée entre deux flans de montagne, sous un ciel sombre et menaçant, cette résidence était triste. L’humanité n’y coulait pas à flot. Trop de patients attendaient des familles qui ne viendraient pas les saluer pour Noël : certains prétextant que la météo, il est vrai peu clémente, ne leur permettrait pas de prendre la route, d’autres affirmant qu’elle allait arriver d’une minute à l’autre, en vain. Il m’est alors venu l’idée de les soustraire de cet état mélancolique, un court instant, en leur parlant de la beauté des étoiles et de l’Univers.

En rentrant à Toulouse quelques jours plus tard, j’ai soumis l’idée de créer une association à quelques collègues et amis chercheurs, ingénieurs à l’Observatoire Midi-Pyrénées. Son objectif serait en premier lieu de proposer des animations (principalement des conférences, expositions, sorties) à des publics empêchés pour les extraire de leur solitude, leur isolement, leur souffrance physique ou morale. Les premiers publics identifiés seraient ceux des hôpitaux, des prisons, des maisons de retraite, des centres médicalisés, des centres accueillant des personnes handicapées… L’adhésion immédiate de nombreux collègues aux objectifs de l’association, des astronomes aux marins de l’observatoire, reste à ce jour mon meilleur souvenir avec les Étoiles. Et c’est ainsi que les étoiles commencèrent à briller pour tous à Toulouse, mais pas seulement, car l’association allait faire des émules dans différentes villes de France et ailleurs dans le monde.

L’enthousiasme des chercheurs, ingénieurs et techniciens d’une part, celui des responsables de sites dans lesquels nous proposions d’intervenir d’autre part, ont permis à l’association de démarrer ses actions très rapidement. Le tout grâce au soutien de la première heure du CNRS, de sa délégation régionale et des ses laboratoires, de l’Observatoire Midi-Pyrénées, de l’Université Toulouse III - Paul Sabatier, des collectivités locales, de la Cité de l’Espace, du CNES. Très vite, de nouveaux chercheurs et ingénieurs du milieu universitaire et industriel toulousain se sont joints à l’association, couvrant de nouvelles thématiques scientifiques et techniques au-delà de celles des sciences de l’Univers. Les statuts de l’association furent déposés en Préfecture en mai 2004. Si l’association fête ses quinze ans, c’est bien qu’elle répondait à un besoin, aussi bien du côté des chercheurs, que du côté de ses publics.

Au fil de nos premières interventions et des échanges entre ses membres, les objectifs de l’association se sont affinés, et la dimension sociétale, citoyenne, éducative, formatrice et culturelle de nos actions s’est affirmée. La diffusion de la culture scientifique vers chaque citoyen, quelque soit son statut, sa condition, est devenue un enjeu majeur de nos sociétés modernes ; ces sociétés où les replis identitaires croissent, où l’accès à l’information de qualité variable est illimité, où le raisonnement et les résultats scientifiques sont remis en cause régulièrement, où les filières scientifiques sont délaissées, où les lobbyistes, les extrémistes, les obscurantistes ont pignon sur rues. Redéfinissant les objectifs de l’association j’écrivais alors « La diffusion des connaissances scientifiques répond à trois objectifs. Tout d’abord elle doit fournir à tout citoyen, le socle de connaissances suffisant pour lui permettre de s’impliquer efficacement dans les grands choix sociétaux qui s’annoncent, OGMs, thérapie génique par exemple. Ensuite, elle doit permettre de lutter contre toutes les dérives obscurantistes et manipulatoires de toutes sortes. Enfin elle doit permettre de redorer le blason des carrières scientifiques, dont la désaffection actuelle constitue une menace grave pour notre pays dont l’avenir dépendra de son aptitude à créer et innover. » Rien n’est plus d’actualité aujourd’hui. Dans une tribune, rédigée pour le magazine Ciel et Espace suite aux tragiques attentats de 2015, nous écrivions : « Nous ne sommes pas arrivés aux événements tragiques du 7 janvier et du 13 novembre 2015 soudainement. C’est une lente et progressive érosion des valeurs universelles de solidarité et de fraternité qui lient les hommes entre eux qui en est responsable. Force est de constater que les lois qui gouvernent le monde aujourd’hui ne promeuvent pas les valeurs de solidarité entre les hommes et accroissent les sentiments d’exclusion et la vulnérabilité des plus faibles. Lutter contre toutes formes d’exclusion en rendant la culture scientifique accessible à tous par des initiatives de terrain, au plus près des exclus, c’est promouvoir l’égalité et contribuer à plus de justice dans notre société. »

La dimension formatrice de l’association s’est très vite affirmée, et grâce au soutien des écoles doctorales, des centaines de jeunes chercheurs, ingénieurs en devenir ont connu au travers des étoiles une première expérience avec le public : c’est là aussi une des grandes réussites de l’association. Amener les connaissances scientifiques au plus près du citoyen, de tous les citoyens, y compris les citoyens malades, isolés, exclus, emprisonnés, âgés, handicapés, autour d’un moment convivial de partage constitue toujours le socle fondateur des actions de l’association. Le nom de l’association qui traduit l’idée simple que chacun d’entre nous doit avoir accès à la connaissance y trouve sa pleine justification. C’est ce socle qui a permis d’écrire les quinze premières années de l’histoire de l’association et qui lui garantit, j’en suis sûr, un futur prospère.

Je voudrais terminer cette introduction sur la genèse de l’association « Les étoiles brillent pour tous » par un message plus personnel. Je voudrais ici vous écrire ma fierté que l’association perdure, qu’elle se développe sans perdre son âme, qu’elle permette à de nombreux chercheurs de connaître leur première expérience vers le public, que les thématiques et les actions qu’elle propose et les publics qu’elle touche soient toujours plus variés, que l’enthousiasme communicatif de ses membres, anciens ou nouveaux demeure. Il n’y a pas de jour où je ne pense pas aux étoiles. Je voudrais aussi exprimer ma grande tendresse, ma gratitude, mon affection et mon admiration pour tout ceux qui font vivre cette idée par leur engagement bénévole, généreux et citoyen, sans y rechercher une quelconque visibilité, mais par une conviction sincère pour l’importance de nos actions. J’ai une pensée particulière pour les membres de la première heure qui se reconnaîtront, restés si fidèles à nos objectifs initiaux et à nos valeurs de partage et d’écoute. Je voudrais enfin terminer en m’adressant à nos publics, qui je le sais nous attendent très souvent avec chaleur, bienveillance voire affection : sachez le, j’ai énormément appris grâce à vous, sans doute plus que vous grâce à moi, lors de nos courts échanges. Longue vie aux étoiles : qu’elles brillent pour tous et pour toujours !

Didier Barret, Président fondateur de l’association « Les Étoiles Brillent Pour Tous »

Première affiche des Étoiles

Les sorties au Pic du Midi

En plus des interventions dans les sites, certains de nos publics ont l’opportunité grâce à nos partenaires de visiter des lieux d’exception comme par exemple le Pic du Midi. Voici quelques images prises au fil de ces dernières années (© Bernard Dupré).

Les 10 ans des Étoiles en 2014

Avec la promo 2016 des doctorants

Avec le centre de détention de Muret en 2016

Avec le centre de détention de St Sulpice la Pointe en 2017

Avec l’ITEP Les Ormes en 2017

Avec l’association Noncesse en 2018

Avec l’association Autisme 31 en 2018

Avec l’ITEP de l’Oustalet en 2018

Le Muséum de Toulouse

Nous continuons dans cette lettre de faire le tour de nos partenaires qui nous permettent tous, chacun de leur place, d’enrichir les possibilités d’interventions auprès de nos publics. Aujourd’hui nous mettons le zoom sur le Muséum d’histoire naturelle de Toulouse. Depuis de très nombreuses années nous bénéficions de la possibilité de visiter ce musée et beaucoup de jeunes et moins jeunes ont déjà eu l’occasion de vivre une expérience très complémentaire de celle des séminaires que nous proposons. Quoi de plus émouvant et enrichissant que de pouvoir contempler dans un même lieu la richesse et la beauté de notre planète terre et aussi de mieux comprendre sa formation et son évolution. Le Muséum invite aussi ses visiteurs à faire le lien entre les savoirs scientifiques et leur appropriation citoyenne. C’est pourquoi il propose un itinéraire de prise de conscience des grandes questions de notre temps.

A chaque fois nous avons été accueillis de manière remarquable par le Muséum et cette année l’école régionale de la deuxième chance et les jeunes de l’association Autisme 31 devraient visiter le site.

Un grand merci à Francis Duranthon, directeur du Muséum mais aussi membre des Étoiles, pour sa disponibilité et son engagement. Comme vous le lirez dans la lettre qu’il nous a écrite, le Muséum et Les Étoiles Brillent Pour Tous ont des valeurs similaires dans leur engagement vis-à-vis de la société et en particulier vis-à-vis des plus vulnérables.

Bernard Dupré

Lettre aux Étoiles…..

Depuis de nombreuses années, le Muséum s’est engagé dans diverses actions à l’attention des publics fragiles. Certains ont parfois qualifié ces publics de non public, à la suite du Manifeste de Villeurbanne de Francis Jeanson qui dit : « Il y a d’un côté le public, notre public et peu importe qu’il soit selon les cas actuel ou potentiel (c’est-à-dire susceptible d’être actualisé au prix de quelques efforts supplémentaires sur le prix des places ou sur le volume du budget publicitaire) ; et il y a de l’autre un non-public : une immensité humaine composée de tous ceux qui n’ont aucun accès ni aucune chance d’accéder prochainement au phénomène culturel. » C’est dans cette seconde sphère que porte l’action du Muséum. Il ne s’agit pas là d’une conquête de nouveaux marchés mais bel et bien d’un engagement au service de la société dans son ensemble. Un musée aujourd’hui ne peut plus exister véritablement sans un engagement social, conforme aux valeurs du service public et aux principes fondamentaux de notre démocratie. Il s’agit de permettre à toutes et à tous d’accéder à l’émancipation que permet le développement culturel des individus. Ces actions prennent des formes variées, allant de la collecte d’ouvrages ou de jouets en partenariat avec le Secours Populaire, à l’accueil gratuit de classes aménagées pour des élèves en difficulté, de publics en situation de handicap ou de détenus avec des permissions exceptionnelles de sortie… Héritier des valeurs humanistes du siècle des Lumières qui a vu la fondation des musées, le Muséum se devait d’agir en ce sens. C’était logique, évident…. et nécessaire !!

Francis Duranthon

Muséum d’histoire naturelle de Toulouse

Nous rejoindre ?

Vous travaillez dans un établissement de l’enseignement supérieur et de la recherche comme administratif, chercheur, enseignant, ingénieur, technicien… Vous souhaitez vous impliquer bénévolement dans la diffusion du savoir et de la culture scientifique auprès des publics empêchés. Alors rejoignez-nous : pour gérer le programme d’interventions dans un site partenaire, pour réaliser vous-même des interventions, classiques ou hors des sentiers battus : conférences, expérimentations démonstratives, manifestations artistiques… Toutes vos idées seront les bienvenues. « Les Étoiles Brillent Pour Tous » est une association qui est née dans le monde des sciences de l’univers, mais elle se développe maintenant dans tous les champs des savoirs.

Une question : contact-ebpt at irap.omp.eu


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